« Elle a dit que tu dépensais trop et que si quelque chose t’arrivait, Sofia perdrait tout. Elle m’a demandé de l’aider à ouvrir un compte séparé pour que l’argent lui appartienne toujours. »

Pour la première fois, Patricia semblait véritablement effrayée.

—Je ne savais pas qu’il avait falsifié votre signature.

Mateo observa son visage, essayant de distinguer entre le regret et la peur d’être découvert.

—Alors pourquoi avez-vous accepté de venir chercher ma fille sans rien vérifier ?

Patricia baissa les yeux.

—Parce que Vanessa a dit que si je ne coopérais pas, le compte serait bloqué et Sofia perdrait l’accès à ses études.

—Et qu’alliez-vous recevoir en retour ?

Patricia releva brusquement la tête.

-Rien!

Mais sa réponse est arrivée trop vite.

Le téléphone de Mateo vibra à nouveau.

C’était un message de Daniel.

Elle avait trouvé un vieux dossier dans les archives successorales de la mère de Sofia. Le document ne prouvait aucune malversation, mais il contenait une clause qui pouvait expliquer pourquoi Vanessa était si pressée de prendre le contrôle du compte.

Mateo a ouvert le fichier.

Il a lu le premier paragraphe.

Puis le deuxième.

Et lorsqu’elle arriva à la dernière page, elle comprit que l’argent n’était pas simplement un héritage que Sofia recevrait en grandissant.

Sa défunte épouse avait posé une condition très précise pour protéger sa fille.

Une affection que Vanessa semblait avoir découverte.

Matthieu appela immédiatement Daniel.

—J’ai besoin que vous m’expliquiez cette clause.

« Je suis en train de l’examiner », répondit l’avocat. « Mais il y a une chose que vous devez comprendre : si la copie que vous possédez est valide, Vanessa ne pourra pas accéder à l’argent comme elle l’avait prévu. »

-Parce que?

Daniel resta silencieux pendant une seconde.

—Parce que le fonds prévoit un bénéficiaire alternatif et un mécanisme de protection qui s’active lorsqu’il existe des preuves documentées qu’une personne tente de s’approprier les ressources.

Mateo regarda de nouveau Patricia.

Elle avait surpris une partie de la conversation et semblait avoir perdu toute couleur au visage.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il.

Matthieu n’a pas répondu.

Le téléphone vibra à nouveau.

Cette fois-ci, Daniel avait envoyé une photo de la page manquante.

Il contenait le nom complet du bénéficiaire alternatif.

Matthieu l’a lu une fois.

Puis un autre.

Et finalement, il leva les yeux vers Patricia.

Parce que l’argent que Vanessa essayait de contrôler depuis des mois ne pouvait pas lui être transféré.

La mère de Sofia avait choisi quelqu’un d’autre.

Une personne qui connaissait la fille avant que Vanessa n’entre dans leur vie.

Et cette personne venait d’envoyer un message à Mateo :

« Il faut qu’on parle. Je sais pourquoi Vanessa veut que Sofia quitte cette maison, et ça n’a rien à voir avec l’argent. »

Si vous le souhaitez, je peux continuer avec les chapitres 7 à 10 et révéler qui est le bénéficiaire alternatif et ce qu’il savait de Vanessa.

Matthieu lut le message pour la troisième fois.

« Il faut qu’on parle. Je sais pourquoi Vanessa veut que Sofia quitte cette maison, et ça n’a rien à voir avec l’argent. »

Le numéro n’était pas enregistré dans ses contacts. Cependant, un nom figurait sous le message, lui rappelant un après-midi d’il y a presque deux ans.

* Lucía Herrera. *

La meilleure amie d’Elena, sa défunte épouse.

Lucía avait été présente durant les derniers mois de la vie d’Elena. Après les funérailles, elle avait rendu visite à Sofía pendant un certain temps, mais ses visites s’étaient raréfiées. Mateo avait toujours pensé que cet éloignement était dû à la douleur de perdre une amie.

Vanessa, pour sa part, lui avait dit que Lucia était une femme intrusive qui ne respectait pas les limites de sa nouvelle famille.

Mateo avait finalement cessé de répondre à ses appels.

Maintenant, elle se demandait combien de choses elle avait acceptées sans poser une seule question.

« Qui est-ce ? » demanda Patricia depuis le porche.

Mateo a verrouillé le téléphone.

—Quelqu’un veut me parler.

—Lucia ? —demanda Patricia.

Le silence qui suivit fut suffisant.

Mateo la fixa du regard.

—Comment connais-tu son nom ?

Patricia serra plus fort les poignées de son sac.

—Vanessa m’a parlé d’elle. Elle a dit qu’elle essayait toujours de s’immiscer dans ses décisions.

—Et qu’est-ce qu’il vous a dit d’autre ?

—Qu’Elena lui avait confié des secrets qu’elle ne voulait partager avec personne.

Mateo eut froid.

—Quels secrets ?

Patricia secoua la tête.

« Je ne sais pas. Mais je me souviens que Vanessa s’est mise en colère quand Lucía a appelé après les funérailles. Elles se sont disputées au téléphone. Vanessa a dit que cette femme pouvait détruire tout ce qu’elle avait construit. »

Avant que Mateo puisse répondre, l’avocat qui accompagnait Patricia s’approcha.